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22/11/2016

1er dimanche de l'Avent, A

Homélie du 1er dimanche de l'Avent, année A

Is 2, 1-5 ; Rm 13, 11-14 ; Mt 24, 37-44

Le temps de l'Avent est celui de l'arrivée de quelqu'un, de quelque chose. Mais attendre, c'est espérer, c'est aussi préparer.

Il faut d'abord se mettre d'accord : il ne s'agit pas ici d'attendre ou de préparer les vacances de Noël, ni les fêtes, cadeaux et banquets de fin d'année. Il s'agit d'attendre et de préparer l'arrivée et le retour de Dieu parmi nous. Et ce n'est pas théorique.

La liturgie ne nous invite pas à une partie de plaisir ni à des actions superficielles ou désincarnées. Il s'agit de problèmes de vie ou de mort, pour nous-mêmes et pour la société.

L'arrivée de Dieu parmi nous qu'il faut préparer, se situe à plusieurs niveaux : Celui de la fête anniversaire, Noël, fête de l'Incarnation. Mais, si l'on évoque un évènement passé, c'est pour en mieux discerner l'importance, les bienfaits et les conséquences pour nous aujourd'hui.

A travers l'Ancien Testament et le début du Nouveau, la liturgie va nous aider à découvrir comment ont attendu et préparé la venue du Messie, tout un peuple, des prophètes, Jean-Baptiste, Marie surtout, et bien d'autres. Nous avons besoin de leur espérance, de leur patience, de leur fidélité, du modèle de leur attitude.

Nous appartenons aux générations d'après la venue du Christ et nous risquons d'être trop habitués, parfois même un peu blasés. L'Avent doit réveiller en nous notre capacité d'émerveillement et de gratitude.

Nous devons réapprendre le magnificat, nourrir notre foi de la foi de Marie, car le temps qui précède Noël, c'est vraiment celui de la mère de Jésus. La foi doit nous nourrir d'espérance, mais aussi nous rendre capables d'en donner à ceux qui n'en ont plus.

Il y a un autre niveau : Le Christ est venu, nous le savons. La foi nous dit qu'il reviendra. Qu'en pensons-nous vraiment ?

Il ne s'agit pas de penser en premier lieu à des cataclysme cosmiques, l'explosion de la terre et la fin du monde. De toute manière, il y a pour chacun de nous une fin du monde plus sûre, plus proche et tout aussi inattendue. L'heure de la mort est aussi le retour du Christ. Sommes-nous prêts à l'accueillir et à préparer sa venue en sortant de notre sommeil, comme nous y invite S. Paul, et avec la sagesse spirituelle de Noé qui construit une arche sous les regard moqueurs de ses contemporains. Eux, gaspillaient leur temps et leur argent pour profiter de la vie, jusqu'au déluge qui les a tous engloutis.

Nous sommes souvent dans la même situation, tentés de prendre les biens de la terre comme du définitif, gênés de faire exception à la règle commune en prenant très au sérieux les conversions, la mentalité et le style de vie que nous propose la sagesse de Dieu.

Il faut encore ajouter un troisième retour à préparer. L'Avent nous rappelle que Dieu vient à notre rencontre. Il frappe tous les jours à la porte de notre hôtellerie pour s'y établir. Il frappe par sa Parole, par les événements, par des cris de souffrance. Il nous presse de l'accueillir, de le laisser naître pour créer une société nouvelle.

Tout cela peut paraître un peu vague, mystique et désincarné. Il y a cependant un signe qui prouve qu'il est là, présent et agissant. Et c'est lui-même qui l'a indiqué : "Les aveugles retrouvent la vue, les boiteux marchent droit, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres". C'est une présence très concrète, et qui dépend beaucoup de nous. C'est nous qui lui permettons en quelque sorte de s'incarner à nouveau, d'annoncer la Bonne Nouvelle, de faire des miracles, de créer une société nouvelle… Mais c'est nous aussi qui pouvons l'en empêcher.

Comme en ce domaine nous sommes toujours un peu endormis, l'Avent nous donne l'occasion de sortir de notre léthargie.

C'est pour cela qu'en prolongement de la liturgique, les campagnes d'Avent "Vivre Ensemble" (1) nous forcent à tourner la tête vers ceux qui attendent une libération, vers ceux qui n'ont plus assez d'espérance… tout ce peuple qui se traîne souvent découragé dans les ténèbres de la solitude, de la misère, de l'ignorance...

Le Christ vient pour construire avec nous un avenir autre, un avenir meilleur, non pas dans l'Au-delà, mais dès ici-bas, aujourd'hui.

P. Fabien Deleclos, franciscain (T)

1925 - 2008

(1) Plus d'information sur www.vivre-ensemble.be