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10/02/2016

Homélie du mercredi des cendres

Homélie mercredi des cendres

Jl 2, 12-18 ; 2 Co 5, 20 – 6, 2 ; Mt 6, 1-6, 16-18

Les sujets d’actualité sont nombreux. Ils remplissent les pages des journaux et les petits écrans. Il y a de quoi nourrir nos conversations. Mais la liturgie nous propose une autre préoccupation : la réévaluation, non pas de l’euro ou du dollar, mais de nos valeurs chrétiennes qui, elles ne dépendent pas des fluctuations du serpent monétaire ni des crises économiques, politiques ou sociales. Pour cette opération "vérité et croissance", le carême se présente comme le temps favorable pour une cure d’authenticité et de dynamisme évangélique. Globalement, il s’agit d’opérer une amélioration dans notre manière de nous nourrir, c’est-à-dire de penser, de voir, de juger, de vivre et d’agir, parce que le Seigneur nous y invite avec des accents de tendresse. Il va même jusqu’à nous supplier : "Revenez au Seigneur votre Dieu, car il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour". Et pourquoi revenir ? parce que nous sommes encore trop éloignés, un peu tièdes, pas assez dynamiques, voire quelque peu assoupis.

D’où, cette évocation des cendres. Il ne s’agit pas de nous faire peur, mais de nous rappeler notre état de créature…, créés par amour et pour l’amour. Notre fin ultime, ce n’est pas la cendre, mais une communion d’amour qui, elle, se développe et s’épanouit par une patiente démarche de rencontre. Celle du carême est le symbole de cette aventure. C’est maintenant le temps favorable, nous rappelle saint Paul, pour réajuster nos pensées, nos actes et nos priorités, sur la personne, la vie et l’esprit de Jésus. Nous disposons d’un moyen que Jésus lui-même nous propose : la prière, le jeûne, le partage des biens. Encore faut-il les comprendre et les utiliser sérieusement. D’où, l’importance de pouvoir progresser dans la connaissance de Jésus Christ, pour mieux aligner notre vie sur la sienne. Et donc, lui être de plus en plus fidèles. Ceci résume tout.

Le carême est donc un temps favorable pour fréquenter les Ecritures, s’initier à leur langage, découvrir l’essentiel du message, pour pouvoir rééquilibrer nos choix, de manière à mieux assumer nos responsabilités devant Dieu et devant le monde… En bref, écouter, prier, méditer, réfléchir, changer ce qui doit l’être. A chacun de répondre personnellement, en couple, en famille, en paroisse…

Que nous rappelle le jeûne ? Jeûner, c’est prendre ses distances vis-à-vis de toutes les formes d’abondance et de consommation, pour accorder plus de temps et d’importance à d’autres nourritures dont nous manquons peut-être dangereusement.

Jeûner, c’est renoncer à des choses légitimes pour nous en faire découvrir leur relativité, et surtout la souffrance de ceux et celles qui en manquent parfois cruellement.

La campagne "Entraide et Fraternité" (1) propose ainsi des initiatives pour nous rendre "scandaleusement solidaires" des plus éprouvés, pour que la Terre tourne plus juste… Chacun peut réduire un peu son train de vie, adopter un style plus sobre, manger plus simplement, sacrifier son superflu, partager son abondance, pour que d’autres, hommes, femmes et enfants, puissent au moins disposer de ce qui est indispensable à la dignité de tout être humain.

Le carême est aussi le temps favorable pour mieux nous informer, et prendre conscience des misères et des injustices, proches et lointaines, qui crient vengeance au ciel. Lors du Concile, l’Eglise a fait confiance dans la maturité des chrétiens et supprimé certaines formes archaïques et purement symboliques du jeûne et de l’abstinence. Mais la question reste posée : Qu’avons-nous trouvé pour réaliser, bien concrètement et dans leur esprit, les exigences de l’Evangile ?

Ecoutons la voix de Dieu, de l’Esprit dans l’Ecriture. Ecoutons celle de nos frères et sœurs de la terre et celles des événements. Nous recevrons des réponses, des conseils, des appels, et même des révélations. C’est en mangeant cette Parole inspirée et en écoutant ces appels de l’Esprit qui surgissent de tous côtés, que vient l’appétit, que les yeux s’ouvrent, que le cœur bat, que l’esprit s’éveille, que les liens s’intensifient. Et que naît la communion. C’est alors qu’on est capable de modifier des choix, que l’échelle des valeurs est bouleversée, que l’on devient capable de se débarrasser d’obstacles qui gênent, jusqu’à une libération qui peut faire de nous des libérateurs.

De toute manière, pour le corps comme pour l’esprit, le renoncement élimine les graisses superflues, et la santé s’en trouve fortifiée. Jeûner, c’est aussi manger mieux et davantage… La Parole !

P. Fabien Deleclos, franciscain (T)

1925 - 2008

(1) www.entraide.be

Commentaires

"manger MIEUX et davantage...LA PAROLE"
mon Père 4 mots et voilà un excellent conseil
je reviendrai lire vos homélies
certains sites proposent des réflexions de carême, ils sont bien , mais pour moi: trop "copieux"................

JE REVIENDRAI

michèle de la Paroisse St Bruno de BORDEAUX
St Bruno(ancienne chartreuse)

Écrit par : mistrot | 09/03/2011

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