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12/02/2010

Homélie du 8e dimanche ordinaire C

Homélie du 8e dimanche ordinaire C

Si 27, 4-7 ; 1 Co 15, 54-58 ; Lc 6, 39-45

 

Bientôt, ce courageux jeune homme va se heurter à de nouveaux courants de pensée qui s'attaquent aux doctrines traditionnelles, développent le scepticisme et font miroiter des "paradis nouveaux". De plus en plus, les "commandements de Dieu" sont dévalorisés, les mœurs se paganisent, l'appât du gain pourrit le commerce et les affaires. Pour le jeune sage, ayant "pris de la bouteille", ces courants destructeurs furent cependant un aiguillon. Et "voilà, dit-il, que mon canal est devenu un fleuve, et mon fleuve est devenu une mer". Véritable "maître de sagesse", il ouvrit "la maison de l'instruction". Pour former les esprits et les consciences. Son ultime ambition ? "Faire briller l'instruction jusqu'au loin et la laisser aux générations futures". Le petit-fils, soixante ans plus tard, traduisit les œuvres de son grand-père dans une langue plus courante. Ce fut un succès !

A tel point que les communautés chrétiennes allaient désormais utiliser cette Sagesse pour la formation des candidats au baptême et pour les nouveaux baptisés. Aujourd'hui encore, sa lecture méditée est à recommander. Chaudement. Mais peut-être faut-il préciser ici que le grand-père s'appelait Jésus, fils de Sirach (1). Et son livre "Sagesse de Jésus, Ben Sirach", appelé le "Siracide" ou encore "l'Ecclésiastique".

Ce n'est donc pas sans raison que la liturgie de ce dimanche nous livre en parallèle quelques sentences de Ben Sirach et quatre courtes paraboles rassemblées par Luc. Comment ne pas y voir le même portrait modèle du parfait disciple qui, pour être bien éclairé et capable de guider ceux qui lui sont confiés, se laisse solidement former à l'école du Maître. Il n'y a pas que l'industrie et les affaires, les sciences, les écoles et la politique où la compétence est nécessaire et l'efficacité exigée. On ne s'improvise pas pilote de ligne, faiseur de pont ou acrobate. Encore moins quand il s'agit d'apprendre l'art de vivre qui exige infiniment plus qu'un diplôme.

Jésus n'est-il pas précisément le Maître de vie par excellence ? Verbe de Dieu, sa Parole incarnée, il est "l'expression exacte de celui qui parle", c'est-à-dire l'expression même du Père. Jésus réalise parfaitement la sentence dont il fait l'éloge : " Ce que dit la bouche, c'est ce qui déborde du cœur". Une correspondance parfaite entre le discours et l'action, entre la parole et la pensée, une transparence qui dénonce tout mensonge et hypocrisie. Correspondance aussi entre les apparences et la réalité, entre la foi proclamée et sa mise en pratique dans l'ordinaire quotidien. Ce qui rejoint d'ailleurs la sensibilité d'une grande partie de nos contemporains. Comme le montre une enquête sur les valeurs des Européens, "nombreux à refuser ce qu'ils perçoivent comme des discours tout faits, théoriques, et à réclamer une mise en œuvre concrète des paroles prononcées" (2).

C'est en effet à la qualité du fruit que l'on juge la qualité de l'arbre. Et, comme Jésus disait à Philippe : "Celui qui m'a vu a vu le Père" (Jn 14, 9), il aurait pu ajouter : "Celui qui m'écoute écoute le Père". Comment dès lors ne pas se mettre résolument à l'école d'un tel maître et suivre les pas d'un tel guide ? La plus excellente école de formation d'un art de vivre sur le chemin de l'Amour et de la Vérité.

  1. La Bible Osty, Seuil 1973, p 1419 et ss.
  2. Liliane Voyé dans "Voix off", n 23, 10.02.1995, p 3.

P. Fabien Deleclos, franciscain (T)

1925 - 2008

Il était une fois, en un temps qui pourrait être le nôtre, un jeune adolescent, croyant sincère et très soucieux de mener une vie en tous points conformes à la "Loi de Dieu". Depuis longtemps déjà on l'avait surnommé "l'enfant sage" tant il était fort avisé dans ses jugements, judicieux dans ses choix et ses décisions, étonnamment sensé dans sa conduite. Il est vrai qu'il était passionné par l'étude et qu'il consacrait pas mal de temps à fréquenter et méditer les textes sacrés, les enseignements des hommes célèbres, et jusqu'aux secrets des traditions, maximes et proverbes. Il ne cherchait, disait-il modestement, qu'à "abreuver son jardin" pour devenir un bon disciple du Seigneur Dieu et de la Sagesse.

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