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23/06/2015

Homélie du 13e dimanche ordinaire B

Homélie du 13e dimanche ordinaire B

Sg 1, 13-15 ; 2, 23-24 ; 2 Co 8, 7, 9, 13-15 ; Mc 5, 21-43

Afghanistan, Irak, … Liban… Ces noms ont défilé sur les écrans dans un nuage de feu et de sang. Des bombes et des ruines, des morts et des blessés, des routes encombrées d'engins meurtriers et de foules en exode. La puissance de la mort semble régner sur la terre. Peut-on encore parler d'espérance et de vie quand le désespoir envahit la planète et que la vie, qui est sans prix, dégringole sur l'échelle des valeurs ?

Des guerres et du sang, des massacres et des déportations, nous en retrouvons tout au long de l'histoire du "peuple saint". Cependant, la Bible ne cesse de chanter la victoire de la vie sur la mort. "Dieu crée toutes choses pour qu'elles subsistent", proclame le livre de la Sagesse. (Ou encore, "Dieu a créé l'homme pour une existence impérissable. Il a fait de lui une image de ce qu'il est en lui-même"). Le psaume évoque le même thème avec un enthousiasme qui peut nous surprendre : "Seigneur, tu m'as fait remonter de l'abîme et revivre quand je descendais à la fosse… Sanglots le soir, cris de joie le matin… Pour moi, tu as changé le chant funèbre en danse et dénoué la tunique de deuil pour me ceindre de joie".

Jésus nous fait progresser davantage dans ce mystère de l'être humain "créé à l'image et à la ressemblance de Dieu". Le prophète de Nazareth interpelle la mort comme on parle à un vivant. Elle dort, dira-t-il de la fille de Jaïre qui vient de mourir. Il la fera se lever, il la fera marcher. Des questions jaillissent, aussi nombreuses que pressantes, mais nous n'aurons droit à aucune explication et nos interrogations ne trouveront jamais d'autre réponse que celle donnée par Jésus à Jaïre, chef de la synagogue : "Ne crains pas, crois seulement".

La mort ne serait-elle qu'une défaite passagère, un sommeil, un passage obligé qui débouche sur la résurrection ? Curieux, inquiets, sinon même angoissés, nous voudrions savoir. Les uns interrogent les astres et les cartes, les tables tournantes et les devins. Est-il possible d'entrer en communication avec nos morts ? Des expériences sont tentées, des témoignages étonnants recueillis, des livres publiés. Mais comme le disent les "impies" du livre de la Sagesse, "quand vient la fin, pas de remède et nul n'a jamais vu quelqu'un réapparaître".

C'est encore et toujours à notre foi que s'adresse l'acclamation de l'évangile : "… Jésus Christ, notre Sauveur, a détruit la mort ; il a fait resplendir la vie par son Evangile". Et l'évangile n'est-il pas la Bonne Nouvelle de la toute-puissance de l'amour, qui est "un autre nom de la vie, don de Dieu" (1). La vie est précieuse et elle a un sens. Nous ne sommes pas des êtres créés par hasard et qui disparaîtront comme s'ils n'avaient jamais existé. Le silencieux mystère de l'au-delà, la douleur des séparations, ne doivent pas engendrer la crainte mais l'espérance. Il faut croire, et notre foi est faible. Il est vrai aussi que Jésus a dit connaître notre cœur et donc aussi les faiblesses de notre foi.

L'épisode de la femme, qui avait des pertes de sang depuis douze ans, nous le rappelle d'une manière touchante. La "foi" de cette femme paraît bien être plus proche de la superstition que d'un credo en Jésus Fils de Dieu. Elle n'hésite pas non plus à enfreindre les lois très strictes de sa religion concernant les impuretés légales. Impure, elle l'est depuis des années. Avait-elle le droit de toucher le vêtement d'un pur ? Jésus ne fait pas allusion à sa désobéissance et ne blâme pas son geste "magique". Il la guérit et la purifie en invoquant sa "foi".

Face aux sacrements, nous sommes peut-être comme cette femme. Impurs, tiraillés entre le découragement et l'espérance, la foi toujours un peu teintée de magie. Mais les sacrements nous permettent de le rencontrer, de le toucher, lui, qui a vaincu le mal et la mort, peut vaincre en nous le "Malin", et nous donner vie nouvelle.

Le premier pas de notre purification, de notre guérison, n'est-il pas de mourir un peu chaque jour à nos appétits terrestres, nos ambitions orgueilleuses, nos égoïsmes sans cesse renaissants et nos préjugés qui sont semences de discorde, de racisme et de haine ? Mourir chaque jour pour être transformés, pour être ressuscités à une vie toute autre, marqués par la confiance et la foi en Jésus ressuscité, accueillants à la Bonne Nouvelle, animés par l'esprit des Béatitudes qui est source de bonheur et de joie jusqu'à nous rendre "bonne nouvelle" pour tous. Un autre monde peut déjà commencer.

P. Fabien Deleclos, franciscains (T)

1925 - 2008

(1) "Signes et prodiges - les miracles dans l'Evangile", J.P. Charlier, Cerf.

Commentaires

Merci pour vos homélies qui nous édifient.
Nous sommes un groupe de lecteurs de la Bonne Nouvelle, nommé "Saint Ignace de Loyola" en République Démocratique du Congo au Coeur de l'Afrique; précisement à l'Est, province du Nord-Kivu à Goma, à la Paroisse Saint Esprit.
Cependant, nous vous suggérons aussi de nous envoyé par courriel vos homélies, les commentaires des lectures et une petite introduction de du dimanche si cela ne vous gênera pas.
Nous vous portons dans nos coeur.
Sé le secrétaire

Écrit par : Désiré | 24/06/2009

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