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25/12/2014

Homélie de la Sainte Famille, année B

Homélie : La Sainte Famille, B

Gn 15, 1-6 ; 21, 1-3 ; Hb 11, 8, 11-12, 17-19 ; Lc 2, 22-40

 

Mais, qu'est-ce que la famille chrétienne? A la fin du IIe siècle, un auteur chrétien expliquait au païen Diognète, qui l'interrogeait sur le christianisme, que les chrétiens "se marient comme les autres et ont des enfants comme les autres". Reste à savoir ce que signifie exactement ce "comme". Et comment préciser l'originalité de la famille chrétienne sans savoir ce qu'est une famille "naturelle". Or, il n'existe pas de modèle de la famille selon la nature, mais bien différentes conceptions, selon les cultures, les civilisations, les époques.

Pour nous, la famille est constituée au moins par un père, une mère et un enfant, qu'il soit du couple ou adopté. Beaucoup s'étonneront donc d'apprendre que "ni le grec, ni le latin, pendant longtemps, ni les langues germaniques et romanes, n'ont eu un terme pour désigner exclusivement le groupe constitué par "père, mère et enfant". Le terme "familia" désignait uniquement l'ensemble du personnel placé sous l'autorité du père. A la fin du XVIIe siècle encore, le dictionnaire de l'académie française donne à la famille le sens de "tous ceux d'un même sang, comme enfants, frères, neveux". Aussi, à la même époque, la "Famille de S. Joseph", représentée par les peintres compte habituellement Jean Baptiste et sa mère, parfois toute la parenté, jusqu'à vingt-trois personnes.

Durant des siècles, l'existence de la société, constituée par Jésus, sa mère Marie et son père nourricier Joseph, n'a fait l'objet d'aucun commentaire, ni suscité aucun élan de piété. C'est au XVIIe siècle, à partir de la dévotion à S. Joseph, que naissent les premières et timides initiatives pour chercher à Nazareth des leçons pour la vie de famille. S'il est vrai que l'Evangile n'a proposé aucun modèle de la cellule familiale, par contre, il invite tous les chrétiens, et donc les époux et les familles, quelles que soient leurs conditions culturelles et sociales, à incarner dans les réalités de leur temps et de leur milieu la Bonne Nouvelle de Jésus Christ et le commandement nouveau de la charité universelle.

Quand les homélies des premiers siècles tracent le portrait idéal de la famille heureuse, on y trouve la femme "pudique et réservée", qui considère son mari "comme son seigneur et maître"… Un "modèle" qui n'est pas inspiré par les enseignements et les valeurs évangéliques, mais qui reflète, tout simplement, les coutumes paternalistes orientales de l'époque, imprégnées d'une longue tradition de domination masculine.

La famille chrétienne ne peut donc s'arrêter définitivement à aucun modèle. Elle doit les assumer et en même temps les juger tous à la lumière de l'Evangile, toujours à scruter, méditer et découvrir. Les modèles de familles changent, mais la vocation à la sainteté demeure. La famille chrétienne sera, à toute époque et dans toutes les cultures, semblable à toutes les familles, et en même temps différentes, car elle se doit d'être expérience et expression d'une vie de foi, d'amour, de service de Dieu et des autres, proches et lointains. Celle qui prend au sérieux les béatitudes et se laisse constamment libérer par l'Evangile des chaînes de l'égoïsme et du culte des idoles que célèbre l'esprit du "monde". Par la Parole de Dieu, elle se laisse construire, comme un royaume de justice, de paix et d'unité dans la diversité. Elle cultive le respect mutuel, la communication ouverte et la communion, l'accueil généreux à la vie et aux autres, le souci de partage. Elle est communauté où l'on prend soin de la perle rare et précieuse du pardon… Elle est cellule d'Eglise, Eglise domestique.

P. Fabien Deleclos, franciscain (T)

Commentaires

C'est une bonne homélie. elle a fait une comparaison avec les modèles de famille traditionnels.

Écrit par : BENOIT | 28/12/2008

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