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11/11/2014

Homélie du 33e dimanche ordinaire A

Homélie 33e dimanche ordinaire A

 

Pr 31, 10-13. 19-20.30-31 ; 1 Th 5, 1-6 ; Mt 25, 14-30

 

Parlons d’un sujet qui nous tient à cœur : celui du portefeuille, du capital et des intérêts. Jésus s’est servi lui-même de ce thème pour nous sensibiliser à l’une des exigences fondamentales du Royaume de Dieu : la responsabilité du rendement "évangélique". Ainsi, tout le monde sait que l’argent bien placé rapporte, que l’argent se loue, et qu’enfouir son capital dans un bas de laine est un placement mort. Nous sommes donc assez habiles et motivés pour rechercher le top rendement, des placements sûrs et performants. Ah, si les enfants de la lumière pouvaient en faire autant avec les valeurs du Royaume de Dieu, nous dit Jésus.

Les trois textes bibliques de ce jour veulent nous en convaincre. Tout est axé sur le capital et les intérêts, l’initiative et le rendement, la responsabilité et la vigilance.

Voyons d’abord le portrait de la femme du livre des Proverbes. Un top modèle. Non pas à la manière de Miss Belgique, mais conforme aux canons du modèle chrétien présenté par saint Paul : Parfaitement éveillé et constamment vigilant. La femme qui nous est présentée est une personne de confiance, prompte à l’initiative et toujours efficace. Elle n’est pas seulement active, mais elle gère ses activités de sa propre initiative et n’est pas pour autant étrangère aux Sainte Ecritures qu’elle cite même volontiers et à bon escient.

C’est une femme de prévision, qui marche d’un pas ferme et résolu sur la route étroite, semée de cailloux et d’épines, qui la conduit à la rencontre du Seigneur. Une personne responsable, à la fois totalement fidèle au présent pour l’assumer, et en même temps tendue vers l’avenir et l’ultime rendez-vous. Car l’éternité commence aujourd’hui.

La parabole de l’évangile s’inscrit dans la même dynamique. Le chrétien est un être responsable, l’esprit constamment en éveil. Chaque chrétien en particulier, et la communauté d’Eglise dans son ensemble, dépendent d’un patron, qui est aussi un ami, et qui leur fait totalement confiance. A vous de jouer !

Peu importe d’ailleurs le nombre de "talents" que chacun reçoit. Mais le talent, au temps de Jésus, est l’équivalent de 34 kg d’or ou d’argent. Autrement dit, un salaire de six mille journées de travail, c’est-à-dire 160 ans. Mais l’évangile n’offre pas de conseils pour les placements d’argent.

Ce qu’il faut épingler ici, c’est la réponse de confiance du bénéficiaire à la totale confiance du donateur. Ce qui importe ensuite, c’est de transformer les capitaux reçus en capitaux productifs. Il s’agit donc de prendre des initiatives, et même des risques, pour faire fructifier les dépôts en visant toujours au meilleur rendement. Donc, pas question d’être insouciant, ni d’être paralysé par la peur des ennuis et l’obsession de la sécurité.

Voyez les deux premiers serviteurs : Dynamisés par la confiance, ils se mettent aussitôt à faire valoir les talents, jusqu’à doubler la mise. Comblés par le dynamisme même de leur responsabilité assumée au jour le jour, ils ne craignent pas du tout le retour imprévu de leur patron, de leur ami. Puisqu’ils tiennent constamment à sa disposition le capital confié, augmenté des intérêts accumulés.

Le troisième, aussi peureux que paresseux et soupçonneux, n’a rien compris à la confiance et à l’amitié de son maître. Il l’a pris pour un homme dur, intéressé et injuste. En se contentant de le conserver, il a trahi la confiance de son employeur et commis une injustice à son égard.

Finalement, au-delà des images et des comparaisons, quels sont ces dons, ces talents qui nous sont confiés pour les faire fructifier. On songe spontanément à nos dons naturels, aux dons acquis par la compétence. Mais la parabole ne semble pas centrée essentiellement là dessus. Le talent, c’est d’abord le "don de l’Esprit" : la Parole de Dieu, le don de la foi, l’espérance et l’amour. Or, pour qu’ils produisent du fruit, il ne faut pas adopter les règles de l’économie humaine, qui enseigne que pour s’enrichir, il faut amasser et placer intelligemment.

Au contraire, pour que la Parole de Dieu produise des intérêts, elle doit être distribuée, partagée. Pour garder et rayonner les grandes valeurs chrétiennes, il faut en vivre, en témoigner. Pour sauver sa vie, il faut la donner. "La prudence est belle, mais pas en pantoufles". Il s’agit donc de prendre des initiatives, d’être et de demeurer entreprenant, d’oser innover et même de prendre des risques.

A n’en pas douter, le mauvais intendant, c’est celui qui a enfoui son talent. Or, ce talent, la Parole de Jésus et son esprit, nous sont confiés. L’Eglise aussi. Et même la Création tout entière. Nous avons tous et chacun notre petite part de responsabilité dans nos tâches terrestres, si humbles et modestes soient-elles. Ne faisons donc pas de la Bonne Nouvelle de l’Evangile un dépôt mort et enterré, ou simplement conservé. Autrement dit : momifié. Alors que nous sommes tous ensemble et personnellement responsables d’un capital à faire fructifier.

P. Fabien Deleclos, franciscain (T)

   1925 - 2008

Commentaires

Salut, j'aimerais m'abonner, est-ce possible.
merci

Écrit par : Dominique | 12/11/2008

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